L’eau qui doit être prélevée afin d’alimenter l’usine est puisée sur la parcelle nommée « Gare à terre », située à environ 500 mètres au nord-ouest du site principal. Le dispositif comprend 6 forages profonds d’environ 40 mètres. Une canalisation enterrée de près d’un kilomètre achemine l’eau vers les bassins.

les besoins quotidiens s’élèvent à 270 m3/h, soit 6500 m3/j ou 2,37 millions de m3/an : c’est 3,6 fois plus que l’estimation précédente de l’entreprise, qui semble vraiment à l’aise avec son procédé !
Ce volume équivaut à la consommation en eau potable de 44 000 habitants. Ça correspond à la population de Royan et Saintes ou 31 fois la population du Verdon-sur-mer. C’est encore 2,6 piscines olympiques par jour.
Vulnérabilité des nappes souterraines
Le prélèvement de l’eau s’effectuera dans la nappe saumâtre dite du Plio-Quaternaire, avec une salinité mesurée à environ 8 g/L.
Problème : cette nappe saumâtre surplombe la nappe d’eau potable dite de l’Éocène, qui alimente tout le Médoc et une partie significative de la population girondine.
Elles sont seulement séparés par une couche d’argile : Les forages de reconnaissance ont montré qu’il n’existe pas de couche imperméable franche les séparant.

La Commission Locale de l’Eau (CLE) à émit 7 avis consécutifs sur le projet et l’a jugé, à l’unanimité, incompatible avec son schéma d’aménagement (SAGE) et la préservation de la ressource locale : elle redoute que le pompage massif ne provoque une baisse de pression dans l’Éocène, favorisant son invasion irréversible par des eaux salées.
Le porteur de projet, appuyé par des modélisations, affirme que l’impact sur l’Éocène se limite à un rabattement imperceptible au niveau des forages voisins de Vensac (16 km). La CLE souligne qu’en l’absence de simulations pour le débit réel de 270 m³/h, il s’est contenté d’une extrapolation par règle de trois à partir d’un essai à 47 m³/h (presque 6 fois moins).
D’autres modélisations prévoient un rabattement de plusieurs dizaines de centimètres : c’est un recul équivalent à la remontée du niveau obtenue péniblement au cours des 15 dernières années de politiques publiques de protection de l’eau potable.