La zone d’implantation

Au sein du parc naturel régional du Médoc, en bordure du parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, à proximité d’un site classé patrimoine mondial de l’UNESCO et d’une zone touristique.

Localisation du site

A proximité immédiate de plusieurs sites Natura 2000 :

  • le site des « Marais du Nord médoc », à 500 m au sud et à l’ouest
  • le site de l’« Estuaire de la Gironde », à 700 m au sud et 440 m à l’est
  • le site des « Marais du bas médoc », à 1,2 km à l’ouest
  • le site de la « Forêt de la pointe de Grave et marais du Logit », à 2,7 km au nord-ouest.

Une zone classée « enjeu maximum » pour la biodiversité qui abrite plusieurs espèces protégées :

  • Esturgeon d’Europe
  • Loutre l’Europe
  • Vison d’Europe
  • Chiroptères
  • Une flore remarquable (Angélique des estuaires notamment)
  • …

Le Parc Naturel Marin rappelle que l’estuaire de la Gironde est qualifié comme dégradé (état chimique « Mauvais » et état écologique « Médiocre » en 2021).

D’après l’avis du Conseil Scientifique de l’Estuaire de la Gironde (CSEG), la survie et l’état de conservation de plusieurs espèces sont menacés par le projet Pure Salmon en raison de la grande sensibilité écologique du site et de l’insuffisance des études d’impact produites.

L’usine et son point de rejet se situe à proximité immédiate de la vasière intertidale de la Conche de Neyran, décrite comme une « importante nourricerie » indispensable au développement des jeunes larves de nombreuses espèces de poissons et d’oiseaux de rivage qui s’y nourrissent à marée basse. Le CSEG estime que, bien que traités, les rejets (87,6 tonnes de DCO/an, azote, phosphore) se concentreront près de la rive gauche et sur les vasières. Le cumul de ces rejets, notamment lors de la pleine mer (dispersion minimale), pourrait altérer durablement ces habitats essentiels.

Conche de Neyran


Le Pélobate cultripède : Cette espèce à « enjeu majeur » a été observée sur le tracé des travaux. De plus, des rejets d’eaux d’exhaure en phase travaux sont prévus dans un fossé identifié comme lieu de reproduction, alors que ce dernier devait être une zone d’évitement.

Le Pélobate cultripède

Le projet d’usine

vue 3D de l’ancienne implantation

Le projet d’usine serrait installé sur un terrain de 14ha dont le propriétaire-bailleur est le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB).

Ce terrain fait parti des sites labellisés « site industriel clé-en-main France 2030 » délivré par le ministère chargé de l’industrie ; ce dispositif s’inscrit dans la feuille de route du gouvernement pour l’accélération des implantations industrielles.

Une convention entre le GPMB et Pure Salmon à été signée en avril 2022 (bail de 49 ans) pour y implanter une usine d’élevage de saumon : sur les 14 ha de terrain, ce projet comporte 7.5 ha de bâtis, avec pour objectif de produire 10 000 T/an de saumons (soit 2 000 000 d’individus) pour un coût annoncé par l’entreprise de 275 millions d’€.

Le GPMB est notamment en charge de l’aménagement du terrain : Le site a été remblayé au-dessus de la côte des plus hautes eaux connues de l’estuaire (5,50m NGF) afin de maintenir le site de l’usine hors-d’eau en cas d’inondation.

Les voies d’accès se situant à des hauteurs nettement inférieures, l’usine fonctionnerait alors comme un îlot, entraînant la mise à l’arrêt des flux entrants (nourriture, produits chimiques …), sortants (production, déchets …), du réseau d’électricité ou du parc photovoltaïque voisin …

Le site subit déjà un phénomène d’affaissement mesuré entre 2 et 6 mm/an. Les scientifiques craignent que le poids énorme des installations (notamment des bassins) ne l’accentue ; en outre, que les mouvements d’eau lors d’inondations ne provoquent l’érosion du sol sous les structures, menaçant l’intégrité des bâtiments et des cuves.