Les conditions de vie dans l’usine
Le porteur de projet indique : « Les poissons grandissent dans les conditions de vie optimales reproduisant fidèlement les qualités de leur milieu naturel ». Le CSEG rappelle :
Les saumons sauvages sont des animaux migrateurs, solitaires et territoriaux lorsqu’ils vivent en rivières, plus sociaux en mer. Ces poissons migrateurs peuvent parcourir jusqu’à 100 km /j. Les élevages ne reproduisent bien entendu pas ces conditions.
Ce poisson carnivore sera alimenté grâce à une nourriture composée à 70% de protéine végétale.
Ce poisson d’eau froide nagera dans l’eau de la Gironde (15.6°C de moyenne annuelle) : c’est plusieurs millions de mètres cube qu’il faudra refroidir à la bonne température.
Ce poisson migrateur et solitaire serra concentré à une densité de 70 kg/m3 (soit environ 14 individus/m3) … contre 20 kg/m3 de densité moyenne en cage en mer, 100 kg/m3 en RAS. Le CSEG indique :
La littérature scientifique ayant testé l’effet de différents niveaux de densité sur les équilibres hormonaux démontre qu’il ne faudrait pas dépasser 30 kg/m3.
Dès lors, ces conditions de vie peuvent être assimilées à la définition de la maltraitance animale telle que définie par le ministère de la Justice : « Placer et maintenir un animal dans un habitat ou un environnement pouvant être une cause de souffrances […] notamment lorsque l’habitat est trop petit ».
Une telle densité provoque une production excessive de cortisol (hormone du stress). En système RAS, ces hormones s’accumulent car elles ne sont pas éliminées par les filtres classiques, ce qui affaiblit le système immunitaire des poissons et peut agir comme perturbateur endocrinien lors des rejets dans l’estuaire : les scientifiques considèrent donc que ces densités élevées, dictées par la nécessité de rentabiliser les coûts massifs de la technologie RAS, placent l’élevage dans une situation de vulnérabilité extrême et de stress biologique permanent.
En outre, le média Reporterre signalait en 2020 :
AquaMaof teste différentes densités et taux de survie dans l’usine [polonaise] qu’elle possède à 50/50 avec son partenaire Pure Salmon […]. Lors de ces tests, la densité est poussée jusqu’à 175 kg/m3.