Le processus « RAS » (Recirculating Aquaculture System) signifie que l’eau est traitée en circuit fermé et filtrée jusqu’à ne plus pouvoir être remise dans la boucle. Cet élevage exige également le maintien en continu de l’eau à une température autour de 14°c dans les bassins et un apport constant en oxygène.
Le traitement de l’eau du projet est un processus complexe qui se décompose en plusieurs étapes successives.

Nous en donnerons ici un aperçu général sur la base des quatre grandes étapes proposées par le Parc Naturel Marin.
Étape 1 – Prétraitement
Dès la sortie des forages, les eaux doivent passer par une étape d’ultrafiltration (système de filtration très fin) afin d’éliminer les particules en suspension et d’obtenir une eau propre.
Étape 2 – Dessalement
La croissance des jeunes saumons nécessite un environnement d’eau douce, contrairement aux adultes. L’eau prélevée étant saumâtre, elle doit être dessalée et débarrassée de ses contaminants éventuels par osmose inverse. Une partie alimente les bassins d’eau douce, une autre est potabilisée pour l’atelier de transformation et les besoins du personnel.
Le reste des eaux toujours salées est dirigé vers les bassins de grossissement (croissance des saumons et phase adulte).
La recirculation concerne seulement les eaux salées utilisées en phase adulte, le reste doit être rejeté dans l’estuaire après une première boucle de traitement.
Étape 3 – Traitement de l’eau des bassins d’élevage
Cette étape consiste à éliminer les déchets issus de la nourriture et des déjections des poissons (matières azotées et phosphatées). Le cœur de la technologie RAS consiste à traiter l’eau en continu pour la réutiliser. le système prévoit deux boucles de traitement :
Première boucle : Nitrification
Commune aux eaux douces et saumâtres, elle vise à transformer l’ammonium (issu des déjections) en nitrites puis nitrates. Elle comprend une filtration mécanique et biologique (via des biofiltres abritant des bactéries en charge de la nitrification), un dégazage (pour éliminer le CO2), une désinfection par UV (avec ajout possible d’ozone), une oxygénation avant le retour en bassin avec appoint d’eau neuve.
Seconde boucle : Dénitrification
Spécifique aux eaux saumâtres, elle permet d’éliminer l’azote pour améliorer le taux de recirculation. Elle comprend un système de flottation par injection d’air dissous (pour séparer les matières présentes dans l’eau), une unité de dénitrification (pour éliminer l’azote), un traitement final par UV (pour désinfecter l’eau avant retour en bassin d’élevage).
Étape 4 – Station d’épuration avant rejet dans l’estuaire
Avant d’être rejetées dans l’estuaire de la Gironde, 20% des eaux passent par une station d’épuration dédiée : Les eaux usées en provenance de l’élevage en eau douce (après nitrification), du prétraitement, les déchets de l’atelier de transformation (sang, graisse) et les eaux usées domestiques (bureaux et sanitaires), soit un débit de 54,75 m3/h.
Les 80% restants du flux proviennent des « bassins d’élevages en eau saumâtre » (2e boucle RAS), des unités de dessalement et de potabilisation. Ils sont rejetées directement en sortie des postes de traitement, soit un débit de 210 m3/h (80% du flux).
