La nourriture des saumons

Dans la nature, le saumon est un poisson strictement carnivore.

L’alimentation des saumons doit reposer sur un régime industriel spécifique à base de granulés, le porteur de projet annonçant une consommation de 30 T/j d’aliments.

Les volumes nécessaires, la composition mal caractérisée et la provenance des composants mal documentée soulèvent plusieurs questions techniques de la part des experts.

Cette nourriture est composée (d’après le CSEG) de :

  • 32 % de farines et huiles de poisson, responsables de la surpêche minotière, comme au Pérou, au Chili ou en Afrique de l’Ouest où l’effondrement de la ressource locale affame les populations causant émeutes, famines et exodes. Il faut entre 3 et 4 kg de poissons sauvages pour produire 1kg de saumon d’élevage.

La « souveraineté alimentaire » de certains au détriment de la sécurité alimentaire des autres !

  • 64 % de produits d’origine végétale. Le fournisseur Skretting est une filiale de Nutreco, leader mondial de la nutrition animale qui importe ses végétaux du Brésil et est l’un des principaux responsables de la déforestation amazonienne.
  • 4 % de micro-ingrédients : La nature exacte de ces additifs n’est pas détaillée dans le dossier, tout commentaire sur leur traitement est donc impossible.

La nourriture non consommée et les déchets organiques issus de la digestion constituent la source principale de la pollution organique (azote et phosphore) que les systèmes de filtration doivent traiter. Les experts s’inquiètent de la capacité réelle de l’installation à capter ces flux pour éviter l’eutrophisation de l’estuaire et notent qu’une alimentation trop végétalisée peut élever les biomarqueurs de stress (cortisol) s’ajoutant aux rejets sans être pris en compte du porteur de projet. LE CSEG indique :

les saumons eux-mêmes rejetteront des composés organiques naturels (ex : hormones) qui peuvent être considérés comme des micropolluants organiques et pour certains d’entre eux reliés par exemple à des impacts potentiels de type perturbation endocrinienne. Du fait de la concentration en poissons, il est nécessaire de prendre en compte ces composés. La nourriture utilisée devra aussi être caractérisée car les rejets pourront contenir non seulement la résultante de la nourriture non consommée mais aussi les composés métabolisés excrétés.

L’apport de produits végétaux va modifier ses qualités gustatives et réduire son taux d’oméga 3, accompagné du goût de vase terreux spécifique au saumon d’élevage terrestre.

Une qualité nutritionnelle largement sur-estimée.